
War Museum · Siem Reap · Cambodge
Le seul musée de l'armée où l'on se sent vraiment en paix.
Avant d'entrer
Ces pages ne remplacent pas le musée. Elles invitent à s'y rendre. Allez-y : marchez lentement entre les carcasses, lisez les cartels, écoutez le silence vert du parc.
Ici reposent des machines qui ont fait des morts, quelques fantômes, chiens et poules. Il manque peut-être quelques bancs — pour s'asseoir, regarder longtemps, et penser aux vétérans de toutes les guerres.
Ces belles machines de guerre, servies par des hommes, ne sont plus rien sans eux.
Ici, l'acier a été désarmé par le temps, la rouille, la mousse et les poules.
Le cartel, mot pour mot
Artillery 130mm M.46-M47 made in USSR 1952 used in Cambodia 1979 destroyed at Anlong Veng district Oddar Meanchey province on 20 Feb 1994
Texte relevé sur place, reproduit tel quel.
I
Le parc appartient désormais aux poules, aux coqs et aux chiens, et un peu aux nains de jardin.
II
Munitions alignées, engins entiers, obus reconvertis en mobilier : tout finit rangé, planté, ou oublié dans l'herbe et le faux gazon.
III
Le vivant entre par les meurtrières, les écoutilles, les rails. Il ne demande pas la permission.
Le seul panneau qu'on lit jusqu'au bout
“You can take any mortar and the detonator from a grenade and you have a fragmentation mine.”
— Leonard Kaminski, project officer, The HALO Trust
Citation relevée sur le panneau du musée.

Ne pas oublier
Ce cadre rassemble celles et ceux qui ont vécu l'enfer des mines antipersonnel — ces survivants, blessés, vétérans, c'est à eux que le parc devrait offrir des bancs.
IV
La rouille est le passage du métal au végétal.
Sans personne pour les armer, ce ne sont que des nains de jardin.